Musée sentimental

ConférencierSylvie Ramond

L’exposition se propose d’explorer la pratique de la collection de 29 artistes présents dans les collections du Musée national d’Art moderne et dans les deux musées du Pôle, le musée des Beaux-Arts et le macLYON.

La pratique de la collection n’est pas réservée au musée. Elle concerne aussi de nombreux artistes. Certains ont constitué d’importantes collections d’objets liés à des souvenirs ou à leur imaginaire. Les artistes sont aussi collectionneurs de leurs propres œuvres sous une forme achevée ou en devenir : certaines d’entre elles sont parfois en attente d’être intégrées à de nouvelles créations. Ces collections obéissent souvent moins à des choix calculés qu’au simple désir d’accumuler. L’atelier peut être considéré comme une forme de musée en soi.

Les musées sentimentaux des artistes peuvent aussi révéler les liens complexes que ceux-ci entretiennent avec l’institution muséale. En créant leur propre musée personnel pour garder la mémoire de leur œuvre, certains se sont appropriés divers principes muséographiques, les ont appliqués à leurs œuvres jusqu’à les intégrer à leur processus de création. D’autres, se livrent à une critique du musée et en viennent à le parodier et à proposer une alternative en créant leur propre musée.

Le musée sentimental est le moyen d’exprimer aussi les mythologies et les idéologies propres aux artistes. Il peut aussi renvoyer à des questionnements sociologiques plus larges. En 1972, Harald Szeeman crée la section des « mythologies individuelles » à la célèbre Documenta V de Kassel. Il propose une sélection d’artistes qui ont tous fondé leur démarche sur l’exploitation de leur biographie : Etienne-Martin, Marcel Broodthaers, Christian Boltanski… Il conviendra de s’interroger pour savoir si cette notion peut être employée pour des artistes très différents dont l’œuvre repose aussi sur l’autobiographie.

  • À 15h à l’auditorium du musée (+ replay)

    • Le 11 septembre 2026
  • À 15h en visio (+ replay)

    • Le 11 septembre 2026